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J’habite une maison de ville à Meudon dont la gestion des déchets est de la responsabilité de Grand Paris Seine Ouest (GPSO). Depuis peu, pour le bien-être de la planète, les déchets alimentaires compostables doivent être mis à part dans une bac spécial marron de 120 litres que j’ai reçu. Je me suis empressé de l’ouvrir et à ma grande surprise, j’ai constaté qu’un faux fond de 40 litres avait été rajouté réduisant la capacité de deux tiers. J’ai donc scié laborieusement les dix agrafes qui maintenaient très solidement la cuvette réductrice.
Un signe classique d’une décision absurde est la variété des explications données pour l’expliquer.

Première explication : j’ai donc téléphoné à GPSO qui m’a aimablement répondu que la réduction était conçue pour mon bien afin de m’éviter d’avoir à nettoyer le fond de la poubelle. Merci Monsieur.

Deuxième explication : j’ai été rappelé par un autre communicant de GPSO qui m’a gentiment expliqué que le fond réducteur de capacité avait pour but que je ne me brise pas le dos en sortant la poubelle. Merci Monsieur.

Troisième explication : la réduction de capacité a pour objectif d’éviter les mauvaises odeurs en incitant les usagers à faire vider leur poubelle.

Quatrième explication : Seules seraient concernées par les bacs réducteurs de capacité les maisons individuelles. Malheureusement le gérant d’un immeuble a reçu des bacs avec réduction de capacité qu’il s’est empressé d’enlever. « Comment voulez-vous que je m’en sorte avec plusieurs habitants et un contenant si petit. » a-t-il dit.

J’imagine parfaitement la réunion qui a décidé cette absurdité. Quelqu’un a dit :
« comment pourrions-nous faire pour inciter les gens à faire ramasser leurs déchets deux fois par semaine. » Un deuxième participant a répondu « il n’y a qu’à réduire la capacité de la poubelle. » Un troisième s’est exclamé « en plus, ce sera plus facile à nettoyer. » Un quatrième : « et puis ce sera moins lourd. » Le financier s’est exclamé : « vous vous rendez compte de ce que ça va coûter de rajouter un fond supplémentaire ! » Et le directeur de répondre « oui, mais a les subventions qu’il faut. » Il se faisait tard. Les discussions avaient traîné. Chacun avait envie de rentrer chez lui. Le consensus mou l’a emporté, producteur d’une magnifique absurdité.

Récit de Christian Morel

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christianmorel1@icloud.com

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